vendredi 13 mars 2009

Malvern #01

Malvern, entrée47°32'18 nord, 2°52'18 ouest. De grands boucliers, posés sur la crête d'un haut talus, à l'entrée d'Arzon dans la presqu'île de Rhuys, signalent l'arrivée imminente sur les lieux. Selon qu'on est un simple curieux interpelé par cette enseigne guerrière et incongrue, amateur d'heroic fantasy ou adepte des pistes de danse, il existe au moins trois bonnes raisons d'aller y faire un tour quand on est de passage dans la région. Malvern est une discothèque avant tout.
Bien avant que j'intervienne sur ce projet, une équipe d'architectes en avait déjà organisé les espaces, defini les volumes et dessiné les plans. Le projet comprend trois salles, ainsi que deux mezzanines, et peut accueillir un peu plus de 900 personnes.
Il était grand temps néanmoins de donner à l'ensemble le caractère qui lui manquait encore. Et tenir compte d'une implantation en secteur sensible entre une zone résidentielle et un site classé.
Pour quiconque aime le spectacle, un décor est souvent associé à un arrière-plan éphémère dans le cadre de l'image ou de la scène. Là, le maître d'ouvrage voulait du solide pour durer, du cinéma grandeur nature en quelque sorte. Pierre de granit et bois de chêne.

Malvern, salle 1Malvern, vue de la salle 1 - Graphite sur papier calque, 29.7 x 42 cm
Malvern, view of room 1 - Graphite on tracing paper, 11"69 x 16"53


On dit souvent qu'un dessin résume efficacement un long discours. Si tel est bien le cas, la quantité de croquis, détails, vues d'ensemble et plans en tous genres produite à cette occasion aurait probablement permis d'écrire une saga médiévale en douze volumes. Toutes ces recherches ont été rassemblées dans un grand carnet remis à toutes les entreprises, afin qu'elles puissent s'immerger à leur tour dans cette aventure, condition indispensable pour la mener à bien. Ainsi, très naturellement, ce carnet est devenu le document de référence du chantier. Et tous les artisans, dont plusieurs d'entre eux intervenaient régulièrement sur des monuments historiques, se sont volontiers laissés prendre au jeu.

Malvern, croquis d'étude pour l'entrée et le vestiaireMalvern, croquis d'étude pour l'entrée et le vestiaire - Graphite sur papier , 21 x 29.7 cm
Malvern, sketches for study of the entrance hall and locker room - Graphite on paper, 8"27 x 11"69


Les croquis sont à la base de toutes les recherches. Ils ont été réalisés pour partie au cours de visites (la Cohue à Vannes, par exemple), lors de visonnages de films dont les décors pouvaient être source d'inspiration, et pour partie au cours de nombreuses heures passées en bibliothèque à consulter des ouvrages d'architecture. Puis, d'autres croquis ont été dessinés pour tenter d'assembler les précédents entre eux, et atteindre une cohérence des cheminements possibles d'un visiteur en un tel lieu, ponctués d'effets de surprise. De cette masse documentaire, nous pouvions faire des choix de scénarios visuels que je pouvais alors intégrer dans des vues d'ensemble avant d'entreprendre les plans des décors à l'échelle. Peu à peu, une histoire prenait forme.

Malvern, élévation extérieure nord-estMalvern, élévation extérieure nord-est - Encre sur papier calque, 29.7 x 42 cm
Malvern, north-east outside elevation - Ink on tracing paper, 11"69 x 16"53


A suivre...

4 commentaires:

Saturnas a dit…

Une... discothèque ? C'est du second degré ? Un bâtiment aussi fabuleux devenir le cadre d'un attroupement aussi bizarre de jeunes adeptes de musiques électroniques à plein tubes ? Non, c'est sans doute une salle de concert. Rassure-moi.
Si j'ai besoin de construire une maison dans le style médiéval, je peux t'appeler ? Car là, franchement, c'est génial !

Le Vieux Paris d'Albert Robida a dit…

J'attends la suite avec impatience... je suis sur mon fondement !
superbe projet avec une incroyable immersion et une implication géniale (en espérant que les intervenants s'y impliquent autant).

Quel talent !

...ça donne envie ;-)

Thierry a dit…

Saturnas > Je confirme : c'est bien une discothèque, avec tout ce qu'il faut de boum-boum dans les oreilles. Ce contraste entre le contenu et le contenant en a d'ailleurs étonné plus d'un, et continue de me surprendre. Les surprises ne devraient d'ailleurs pas manquer dans les prochains billets consacrés à ce projet.
A part ça, pas de problème pour te dessiner une maison médiévale.

Laurent > Les dimensions de cette discothèque ne peuvent absolument pas rivaliser ne serait-ce qu'avec celles du Vieux Paris, toutes virtuelles soient-elles. Tu peux donc te relever sans crainte.

Le Vieux Paris d'Albert Robida a dit…

Je ne pensais pas du tout "dimension", mais réellement intérêt du projet et originalité...