mardi 27 janvier 2009

Brassens (1/3)

Je me suis fait tout petit (Brassens - Éd. Vents d'Ouest)C'était en plein mois d'août. Nous venions tout juste de rentrer de vacances quand le téléphone a sonné. Laurent Galmot, des éditions Vents d'Ouest, me parle d'un projet d'album collectif illustrant les chansons de Brassens, avec Blanc-Dumont, Ferrandez, Lax, Solé entre autres. À une quinzaine de jours du bouclage, un des auteurs a fait faux bond. Laurent me propose alors de prendre sa place au pied levé. Je n'hésite pas un instant, dis que je ferai de mon mieux. Deux planches, peut-être. Trois ? Allez, d'accord, va pour trois.
Oui, mais voilà : je n'ai jamais fait de bande-dessinée à ce niveau là, gribouillant habituellement dans mon coin ou pour un petit fanzine que nous animions avec quelques copains. Et, tant qu'à faire, il ne reste alors plus que trois textes de Brassens disponibles pour cet album qui doit couvrir la période 1952-1955 du poète-chanteur, et quinze jours de travail... de nuit. En effet, la bande-dessinée a beau être une passion pour laquelle je finirai par donner un poumon, ce n'est pas mon métier.
Il s'agit d'une libre adaptation de la chanson Je me suis fait tout petit, puisque c'est sur elle que j'avais donc jeté mon dévolu. Je ne souhaitais pas y faire apparaître le grand Georges ou, du moins, utiliser son image comme caution morale au simple prétexte que j'avais l'immense privilège d'illustrer un de ses textes. Comme il chausse beaucoup plus grand que moi, le bougre, il était inconvenant et ridicule de chercher à me glisser dans ses habits, fussent-ils taillés dans ces trois pages. Tant que l'amour des monuments historiques n'oblige personne à entrer dans les ordres pour visiter Notre-Dame, la moindre des choses était encore de maintenir une distance respectable, dans tous les sens du terme (et de fait), entre le géant qu'il est et le puceron que je suis.
Néanmoins, pendant tout le temps qu'a duré l'élaboration des trois planches, j'ai toujours eu l'étrange impression d'être observé... voire surveillé. Cool, Georges, cool...


"Je me suis fait tout petit", in Brassens (album collectif), éditions Vents d'Ouest

lundi 26 janvier 2009

Anthony

AnthonyNos parcours professionnels, pourtant très différents, se sont croisés sans que nous ayons vraiment eu le temps de nous connaître un peu mieux. Ce sont des choses qui arrivent souvent, et qu'on regrette une fois que chacun a repris son chemin.

Graphite sur papier et couleurs numériques, 21x29.7 cm
Graphite on paper and digital colours, 8"26x11"7

jeudi 22 janvier 2009

Angers, rue Bressigny

Angers, rue BressignyPour la petite histoire, les vues nocturnes d'Angers ont été réalisées à partir de photographies prises en plein jour, la restitution des ambiances n'étant que le fruit de souvenirs visuels épars.
De ce long couloir de façades souvent emprunté en revenant des Beaux-Arts, jusqu'à la tour Saint Aubin qui clôt la perspective, il me reste un patchwork d'émotions et de sensations auquel j'ai tenté d'apporter une forme de cohérence. Mais il est à peu près certain que la rue Bressigny n'offre pas tout à fait le même visage la nuit. Quoique. Après tout, qu'importe ?

Noir de carbone et pastels sur papier, 24x37 cm
Carbon black and pastels on paper, 9"45x14"57

lundi 19 janvier 2009

Nuage de têtes

Nuage de têtesDes visages imaginaires, des tronches incertaines, des gueules finissent toujours par surgir du papier. Comme ça, en vrac et sans style particulier, imbriquées dans chaque espace disponible. C'est plus fort que moi, il faut toujours que je gribouille dans un coin ou sur une feuille à côté. Paradoxalement, je suis presque plus attentif : j'écoute les gens tout autour, je leur réponds et participe volontiers à la conversation. Jusqu'au moment où la réunion s'achève.

Stylo-bille sur papier
Ballpoint pen on paper

vendredi 16 janvier 2009

Angers, rue Saint Maurille

Carpe Diem - Angers, rue Saint MaurilleLe Carpe Diem, montré il y a quelques jours, s'est inscrit dans une petite série d'illustrations qui fut un bon prétexte pour dessiner quelques vues nocturnes d'Angers. Au départ, pourtant, il n'était pas question de série.
En vérité, tout avait commencé par l'illustration ci-dessus qui fut réalisée pour un anniversaire. A l'issue de la fête, des amies me firent alors promettre de leur en réaliser une pour chacune d'elles. Et que ne ferait-on pas pour ses ami(e)s...
A suivre, donc.

Noir de carbone et pastels sur papier, 24x37 cm
Carbon black and pastels on paper, 9"45x14"57

jeudi 15 janvier 2009

La Chapelle, Saint-Christophe-du-Bois

Ruines de la ferme de La Chapelle, Saint-Christophe-du-BoisLa vieille ferme, désormais située au coeur du village, était appelée à disparaître. Même abandonné et devenu sauvage, le lieu avait conservé son caractère. Chaque bâtiment semblait encore vouloir défier le temps avec cette sorte d'orgueil désespéré du condamné. Ainsi, on aurait pu jurer que les ruines relevaient imperceptiblement la tête, par défi, lorsqu'on les traversait. Ça ne manquait pas de panache. Qui, pourtant, du promeneur ou bien de la muraille avait à craindre de l'autre ? Un lotissement de pavillons est finalement venu dévorer le paysage.
Je me souviens de ce contre-jour, en début d'après-midi. Le soleil chauffait le mur du cimetière contre lequel j'étais adossé pour dessiner.

Ruines de la ferme La Chapelle, Saint-Christophe-du-Bois, 23 avril 1984 - Stylo-bille sur papier, 22x10 cm
Ruins of the farm La Chapelle, Saint-Christophe-du-Bois, 1984, april 23 - Ballpoint pen on paper, 8"66x3"93

mercredi 14 janvier 2009

Speed painting

Speed paintingUne petite étude vite faite, sans savoir où j'allais, et expédiée à la tablette graphique en une dizaine de minutes. Pas finie, pas cadrée. Bref, brute de décoffrage et juste pour le plaisir.

Peinture numérique
Digital painting

lundi 12 janvier 2009

Zanzibar (3/3)

Un aller simple pourZanzibar - étude de décorLe dernier décor dessiné d'Un aller simple pour Zanzibar était une petite pièce perdue au milieu des locaux techniques, dans laquelle le chef de gare allait régulièrement s'isoler. Une sorte de tanière, pour ainsi dire. Cette unique ébauche montre l'accumulation incongrue d'objets hétéroclites évoquant les voyages réels ou supposés du personnage. Ce lieu devait être aux antipodes des précédents, volontairement plus froids et anonymes, afin de créer un point d'équilibre dans l'ambiance visuelle du film.
A mon goût, ce décor n'était pas assez chargé. Par exemple, il y manque des tapis, des malles, une tenture tombant en drapé sur la porte, des narguilés, des objets suspendus au plafond, etc. Comme les précédents, il baigne dans une lumière encore peu cinématographique mais, qu'importe, puisque cette histoire n'était qu'à son commencement et qu'elle n'aurait pas dû s'arrêter là.

Vue de la pièce de Lucien - Graphite sur papier, 21x29.7 cm
View of Lucien's room - Graphite on paper, 8"26x11"7

dimanche 11 janvier 2009

Robin

RobinLorsqu'il était enfant, Robin avait la frimousse joyeuse des petits modèles de Norman Rockwell. Avec, un peu avant l'âge de dix ans, un soupçon de l'emblématique Alfred E. Neuman du magazine MAD. Un certain sens du gag et du burlesque, en somme. J'ai longtemps pensé que c'était un privilège de roi, pour un père dessineux, que de pouvoir contempler chaque jour d'aussi belles références dans le regard de son fiston.

Graphite et crayons de couleurs sur papier, 12x14.5 cm
Graphique and colour pencils on paper, 4"72x5"7

samedi 10 janvier 2009

Zanzibar (2/3)

Le deuxième décor d'Un aller simple pour Zanzibar était le buffet de la gare qui devait s'ouvrir à la fois sur le hall et sur les quais. Son plan devait former un L contournant le kiosque à journaux. L'ambiance visuelle devait être à la hauteur de la réputation d'un sandwich SNCF et du standing d'une gare de province dont la déco a manifestement toujours eu un train de retard. Une ambiance qui fleure bon le formica marbré, le simili cuir usé, les velours élimés, les plantes artificielles, la lumière interlope des globes orange mêlée à celle des tubes luminescents.
Les dessins qui suivent constituaient les toutes premières intentions formelles et, comme les précédents, n'ont jamais donné suite à un travail plus approfondi. Le plafond, par exemple, aurait dû être rehaussé. La première vue montre la partie de la salle s'ouvrant sur le hall, tandis que la seconde présente le bar et la porte donnant sur les quais.

Un aller simple pour Zanzibar - étude de décorUn aller simple pour Zanzibar - étude de décorVues du buffet-bar - Graphite sur papier, 21x29.7 cm
Views of the station buffet - Graphite on paper, 8"26x11"7


Pour compléter les illustrations du billet précédent consacré aux décors d'Un aller simple pour Zanzibar, voici un document de travail. Éric Sourice était parvenu à mettre la main sur une série de médiocres mais précieuses photocopies de photos anciennes montrant la gare d'Angers. L'une d'entre elles, datant de 1956, où l'on voit une partie du hall, m'a permis de décomposer la perspective afin d'établir les diverses proportions élémentaires du bâtiment. Par la suite, j'ai pu compléter ces résultats grâce à des mesures empiriques prises sur les rares éléments d'architecture encore en place à cette époque-là. Étant de nature assez rétive aux constructions pifométriques, j'ai mesuré sur place, et aussi discrètement que possible, les quelques longueurs et distances nécessaires en donnant de mon corps : pieds, mains, doigts, coudées, tout ou presque y est passé, dans les limites naturelles de la décence appliquée aux lieux publics (tssss !).

Un aller simple pour Zanzibar - étude de décor

jeudi 8 janvier 2009

L'ami Greg

GregOn croise parfois des types formidables. Greg est un de ceux-là.

Graphite sur papier et couleurs numériques, 21x29.7 cm
Graphite on paper and digital colours, 21x29.7 cm (8"26x11"7)

mercredi 7 janvier 2009

Zanzibar (1/3)

Contrairement à ce que le titre peut laisser supposer, l'action d'Un aller simple pour Zanzibar devait se dérouler presque intégralement dans l'ancienne gare d'Angers. Éric Sourice, qui avait écrit le scénario de ce long métrage et souhaitait le réaliser, m'avait proposé de travailler sur la recherche des décors. Le film ne put jamais se faire, mais il me reste quelques souvenirs d'une collaboration vive, agréable et enrichissante.
L'ancienne gare, construite après-guerre, n'existait plus depuis plusieurs mois déjà, remplacée par un long bâtiment de verre. Il ne s'agissait pas non plus de la reproduire fidèlement mais de s'en inspirer et, surtout, l'adapter aux contraintes du scénario. Un buffet-bar devait notamment s'ouvrir directement sur le hall, ce qui n'avait jamais été le cas dans la réalité. A partir d'une simple photographie de l'endroit, et des souvenirs encore précis des lieux, il a été possible de dessiner les premières esquisses. Volontairement incomplètes, car il y manque beaucoup de détails, accessoires et mobilier, elles devaient d'abord nous servir d'outils de travail et de réflexion.

Un aller simple pour Zanzibar - étude de décor Un aller simple pour Zanzibar - étude de décorVues du hall de gare - graphite sur papier, 21x29.7 cm
Views of the railway station - graphite on paper, 21x29.7 cm (8"26x11"7)


Je reviendrai bientôt sur les autres décors esquissés à l'occasion de ce projet.

mardi 6 janvier 2009

Céline

CélineUn sourire de Céline que j'aime beaucoup. La qualité même du portrait reste discutable, mais je reconnais bien là cette petite fille un peu timide et facilement rieuse qu'elle a été.

Crayons de couleurs et graphite sur papier, 12x14.5 cm
Colour pencils and graphite on paper, 4"72x5"70


Enfin, un petit clin d'œil photographique à Stéphanie qui aurait aimé avoir un peu de neige pour Noël. Cette dernière arrive bien tard pour exaucer son vœu mais, depuis hier, il faut reconnaître qu'on a été servis !

Un pré sous la neige

dimanche 4 janvier 2009

Carpe Diem

Le Carpe DiemDes musiciens se produisaient régulièrement au Carpe Diem, dans le centre d'Angers. On se serrait toujours un peu. Et il y avait assez de chaleur humaine pour couvrir les vitrines d'une épaisse buée ruisselante, comme dans un film de Sautet.

Noir de carbone et pastels sur papier, texte extrait de "La métamorphose des cloportes" (Alphonse Boudard), 31x21 cm
Carbon black and pastels on paper, text from "La métamorphose des cloportes" (Alphonse Boudard), 12"2x8"26

samedi 3 janvier 2009

Oscar

Oscar le lascar Oscar (détail) Oscar grince. Non pas à cause de son âge, mais ses bâillements très sonores, entre autres, ressemblent souvent au dialogue improbable entre une bonne vieille porte d'étable et Chewbacca. Bien évidemment, ça ne saute pas aux yeux.
Petite étude réalisée au cours de l'été dernier.

Peinture numérique, 35x35 cm
Digital Painting, 13"8x13"8