lundi 7 février 2011

Tommy Lee Jones

Tommy Lee Jones
On imagine volontiers ce visage, tout entier fait d'angles, âpre, humer les triques (mais je me répète). Un dessin pour celui qui, ces dernières années et en quelques films, a crevé l'écran (pas qu'un peu, il le troua entièrement), et une première contribution au Caricaturama Showdown 3000! où l'on retrouve et découvre des pointures.

Tommy Lee Jones - Stylo bille sur papier
Tommy Lee Jones - Ballpoint pen on paper

24 commentaires:

john a dit…

Very nice....

galien a dit…

Pointures dont ous faites assurément partie...
Non seulement la forme du visage, singulière est immédiatement reconnaissable, mais le grain de peau est très finement travaillé, tout a fiat rigoureux, c'est du grand art.

David Gribouille a dit…

Superbe ! J'aime bien les poches qui semblent lui couler des yeux ! Tommy Lee Jones a typiquement une gueule à caricature !

Guillaume Néel a dit…

Tu sais tout le bien que je pense de ton travail, et cette fois encore tu as tout surpassé.
Tu aurais pu glisser ici également ton croquis de recherche qui était lui aussi très fort tant dans la déforme que dans la lumière.
Bravo mon ami pour ton travail et le plaisir que tu me procures.

FreZ a dit…

Je l'ai découverte hier en suivant le lien que Maester a laissé vers Caricatura... et je me demandais si tu participais depuis longtemps "en douce", sans nous en prévenir :)
Il est énorme, une fois de plus ! (et pas seulement en largeur)

Thierry a dit…

John Thank you very much.

Galien > Par pointures, j'entends des noms comme Philibert, Seiler, Moyse, Maëster, Stahl et tant d'autres dont le talent et la notoriété ne sont plus à démontrer. Je suis bien loin de tout ça.

David Gribouille > Telles qu'elles ont été dessinées, elles me font penser à des coquilles d'huîtres. Je ne garantis pas leur fraîcheur...

Guillaume > Le croquis n'était pas bon, et ce dessin lui-même aurait mérité d'être encore travaillé (notamment la bouche). Pour ce qui est du concours lui-même, où le croquis était visible, les techniques traditionnelles ne peuvent malheureusement pas rivaliser avec les techniques numériques dont l'avantage majeur est qu'elles permettent de retoucher un dessin jusqu'au dernier moment. Ce qu'il est possible de reprendre en vingt minutes avec un logiciel, est impossible à tenir en technique traditionnelle puisqu'il faut alors tout refaire (au stylo bille, l'unité de temps est la journée). C'est assez frustrant, finalement, de ne pas pouvoir livrer le résultat qu'on espérait, mais c'est aussi très formateur.
Le plaisir se trouve surtout dans cette expérience collective de dessin à partir d'un même modèle. C'est une version moderne (et exponentielle pour ce qui concerne la participation), de l'émission Tac au tac de mon enfance.

FreZ > Je m'y suis inscrit il y a peu, mais il faut avouer que je me suis fait violence. Ce dessin de Tommy Lee Jones constitue ma première participation. L'expérience est intéressante, mais assez inégale. En tout cas, comme je l'ai écrit à Guillaume, c'est formateur et ludique.

Guillaume Néel a dit…

Tu as bien résumé la situation d concours.
Formateur et ludique mais impossible de rivaliser avec les méthodes numériques, où avec des outils comme le filtre fluidité on peut façonner et non plus dessiner le modèle jusqu'à obtenir une version proche de la photo (grain, texture, ambiance…) en quelques minutes contre plusieurs heure en tradi, sans avoir pour autant de compétences techniques en dessin. Il ne suffit plus que d'être un bon observateur, ce qui est déjà pas mal ceci dit.
Il est clair que personnellement je préfère ceux qui ont pris des risques de compo, de déformation (ton croquis faisait clairement parti de ceux là), des risques graphiques, plutôt que des ceux qui ont réalisé un portrait avec juste ce qu'il faut de déformer (pour être considéré comme étant une caricature) avec un superbe rendu de texture à la palette. Ça ne leur enlève en rien leur talent.

Je suis ce concours depuis sa toute première semaine, c'est un magnifique vivier à talent, on y découvre plein d'approche, mais je n'y participe que très rarement. C'est surtout un prétexte pour moi pour travailler des visages dont je n'ai pas pris le temps de faire alors que l'envie est bien présente, et parce que la deadline offre un petit coup d'adrénaline, et une implication plus critique sur ses propres méthodes de travail.

Soluto a dit…

génial!!!!!!!!

Maëster a dit…

Ton Tommy Lee en coquilles d'huîtres a une densité particulière, minérale, granitique, qui convient bien au modèle.

Effectivement, face aux prouesses numériques qui en envoient plein les yeux à coups d'effets de texture et de lumière, nous sommes de bien pauvres artisans traditionnels, les petits épiciers de la caricature qui s'obstinent face aux grandes surfaces de la déformation digitale.

Mais bon, le petit épicier, on est bien content de le trouver le samedi soir quand on a oublié les oeufs...

Elvis a dit…

Bonjour,
Je suis fan absolu de vous, et de vos œuvres!! C'est magique, chacun de vos dessins m'épate.
Celui ci encore. Au début j'ai trouvé la pose un peut statique. Mais ça colle complétement avec le personnage.
Je surveille chaque jour vos nouveaux travaux, et je ne suis jamais déçu.Et pourtant je suis difficile.
Alors merci à vous!

Francky a dit…

Un petit moment de calme pour admirer encore et encore ce Tommy Lee. Pff je suis encore estomacqué par la qualité de ce dessin. Entre ta version au Bic et la version de Maester à l'aquarelle, les photoshopistes et autre n'ont qu'a bien se tenir. En un mot, quel force et quel puissance dans le tradi. Un Énorme Bravo !
Une petite mention toute particulière sur le coup qui dépasse du col (entre autres), je ... Pfff... et les yeux ... et pfff, t'es énervant tu sais ? Bravo !

Faboun'e a dit…

TRES TRES BON ..! Ce blog fait partie de mon voyage web quotidien ou evasion et inspiration se melent pour me renvoyer sur ma table à dessins...

yal a dit…

Super..
Toujours une analyse du faciès toujours parmis les meilleures.Perso, je prefere ça aux caricatures numériques et autres techniques destinées davantage à lancer de la poudre aux yeux qu'autre chose.
( les croquis preparatoires des artistes "numériques" sont bien plus vivants que leur finalisation)
Sur facebook, on voit des prouesses techniques, mais où est la caricature?

Pour moi, la qualité de la caricature ne se juge pas dans la finition..mais bel et bien dans sa construction; et là-dessus, Maester et toi font les élites de ce metier.
Bonne suite

nico a dit…

Plus que des dessins, j'ai envie de voir des sculptures dans tes travaux, tant tes sujets semblent creusés, façonnés comme de la pierre ... Et là, Tommy Lee Jones ne déroge pas à la règle et n'a pas échappé aux coups de ton burin à bille ! Chapeau bas, encore une fois !

Bernd Weidenauer a dit…

very cool!

hanzz a dit…

Your deformation skils and style are breathtaking.
You are one of the best I know

Thierry a dit…

Guillaume > J'ai eu l'occasion de tester les deux moyens d'expression, traditionnel et numérique. À chaque fois, le plaisir était bien là ; différent, certes, mais réel.
Même si elles sont loin de la virtuosité d'un Jason Seiler ou d'un Dominic Philibert, les caricatures de Jeanne Moreau âgée (voir ICI) et Hugh Laurie () m'auraient pris beaucoup plus de temps s'il avait fallu les dessiner au stylo bille pour un obtenir un résultat équivalent.
Travailler à la tablette graphique, c'est soit peindre ou dessiner plus vite, soit disposer d'un temps de recherches et de tâtonnements plus important avant de remettre une épreuve définitive, ce qui n'est pas rien quand, comme moi, on doute jusqu'au bout (et même après). C'est aussi travailler sans aucune crainte des repentirs en cours d'exécution car il sera toujours facile de les masquer, alors qu'aucun retour en arrière n'est possible en utilisant une méthode traditionnelle. Un repentir à l'acrylique n'a pas d'efficacité comparable à l'ajout d'un nouveau calque dans Photoshop ou Painter pour une retouche partielle, d'un Ctrl+Z bien placé, ou d'un retour dans l'historique du fichier. Sans compter toutes les manipulations qu'un fichier numérique peut subir en cours de réalisation telles qu'étirements, découpes, déformation, etc. (il suffit de voir une des vidéos de Seiler le constater). Il est impossible de faire tout cela avec un vrai crayon ou un vrai pinceau.
En cela, le concours Caricatura Shodown 3000! est quelque peu biaisé. Certes, certains font des miracles à l'aquarelle tandis que d'autres font de gros pâtés avec un stylet et une tablette graphiques, mais à moins que les organisateurs prennent l'initiative de scinder le concours en deux catégories (l'une pour les techniques numériques ; l'autre pour les traditionnelles), je ne vois guère comment, avec une 2cv, il est possible de rivaliser avec ceux qui roulent en Ferrari. Ou plutôt si, je le vois très bien ce moyen : devenir excellent.
Je ne remets pas en cause non plus la recherche de l'hyperréalisme en caricature. Jason Seiler, par exemple, réalise des peintures d'un réalisme incroyable tout en conservant une touche que je trouve très proche de celle des peintres classiques des XVIIIe et XIXe siècles (il suffit d'agrandir certains détails de ses travaux pour se convaincre qu'il ne cherche pas à obtenir un effet lissé). À mon sens, il n'y a que le résultat qui compte tant qu'il n'y a pas de tricherie. Quoi qu'on fasse, ce n'est pas la tablette graphique qui fait le dessinateur.
Cela dit, j'attends quand même avec impatience le jour où un dessin en technique traditionnelle parviendra à supplanter des peintures numériques, non par esprit de revanche, mais juste pour m'assurer qu'il n'y a pas d'effet de mode technologique.

Thierry a dit…

Soluto > Merci !!!!

Maëster > Ton commentaire est excellent, et je partage le même avis que toi sur ce sujet.
Tant que le regard qu'on porte sur le petit épicier n'est ni méprisant ni condescendant...

Elvis > Vous avez raison au sujet de la pose : je la trouve également un peu trop raide. Par ailleurs, plus le temps passe, et plus la ressemblance avec le modèle s'efface à mes yeux. Il faut reconnaître qu'elle vacillait déjà au moment de poster la caricature. Il faudra bien que je prenne le temps de redessiner cette tête-là.

Francky > Je n'ai rien contre les techniques numériques, mais je regrette souvent l'usage sans discernement qu'on en fait. Il y a tant de travaux qui se ressemblent, aujourd'hui, qu'il me paraît de plus en plus compliqué de trouver des auteurs ayant une personnalité qui sorte du lot. Pour être tout à fait clair, cela s'applique aussi à certains adeptes des techniques traditionnelles. Ce Tommy Lee Jones, par exemple, ne m'inspire plus aucune émotion. mais je te remercie vivement de ton commentaire que je prends comme un véritable encouragement.

Faboun'e > Merci beaucoup.

Yal > Venant d'un artiste tel que toi, ce commentaire me touche beaucoup. Quelque soit le support utilisé, la caricature reste du dessin, encore du dessin et toujours du dessin. La recherche de l'effet pour l'effet est assez souvent une trop facile, trop pressante et malheureuse tentation des utilisateurs de tablettes numériques.

Nico > Ce côté rocaille m'avait beaucoup inspiré, sur le coup. Dans l'idée, on n'est donc pas très éloignés de la sculpture. Mais dans l'idée seulement, car je ne suis plus du tout satisfait (l'ai-je jamais été ?) du résultat. Néanmoins, merci beaucoup du compliment.

Bernd > Thank you, talented Bernd.

Hanzz > Thank you very much. I'm not very sure of the likeness now, and hope to draw him again as soon as possible.

Ernesto Priego a dit…

Un travail magnifique, ton oeuvre m'enchante!

Charles DA COSTA a dit…

Tu immortalise à chaque fois les sujets que tu travail.

Merci pour toute l'émotion et la beauté que tu transmets dans tes dessins.

Maëster a dit…

Ah, il faudrait ouvrir un blogue entier de discussion autour de ce sujet ; traditionnel/numérique.

Je me souviens d'avoir vu Krüger peindre une caricature-portrait à l'acrylique, seul médium pouvant sans doute rivaliser (dans la relative rapidité d'exécution et le rendu, lorsqu'on est un virtuose comme lui) avec la tablette graphique.

Ce qui me chagrine au fond, sur Caricaturama par exemple, c'est que 'l'effet" numérique, le rendu quasi photographique de certaines oeuvres, passe pour beaucoup à l'avant plan, devant la ressemblance. Parce que cet hyperréalisme photographique du rendu flatte l'oeil et entraîne le cerveau du spectateur vers une reconnaissance du modèle, même lorsque la ressemblance est toute relative, du fait de la proximité avec la photographie.

Et puis il y a une uniformisation des travaux qui fait qu'on pourrait confondre les oeuvres de différents artistes tant le "lissé" numérique est similaire d'un travail à un autre. C'est d'autant plus regrettable que je trouve souvent plus d'énergie, de punch, de vie et de personnalité dans les croquis de ces artistes que dans leur livraison finale...

Bref.

A quand ta Bardot sublimissime ?

Guillaume Néel a dit…

Je partage ton point de vue et celui de Maester.
Ma gène vient pour ma part, du fait que la technique supplante le travail de recherche et de déformation, et qu'effectivement dans ce concours dès qu'il y a un manque dans ce domaine (beaucoup ne gère même pas les proportions du visage ou l'anatomie), on bétonne la technique, où on se rapproche (dangereusement) des travaux déjà réalisé par d'autres ("je vais grossir un peu plus le nez que "Lui" et on croira que c'est pas le même si je change la couleur du fond).
Toi comme Maester ou Charles, ou Christophe, ou Denis, ou Jason… vous montrez tous les jours qu'au final le résultat compte plus que le moyen par lequel on y arrive, mais aussi que le travail de l'esprit est très important et que de donner sa propre version est plus déontologique (excuse-moi du gros mot) que de "faire comme".
En ce qui concerne médium traditionnel, ou médium numérique, il n'est nul doute possible que le traditionnel puisse gagner dans les prochains concours. J'en suis persuadé.

Je travail tous les jours avec la suite Adobe pour la Pub, et la tendance qui est installé depuis 3-4 ans c'est le travail de texture.
Il n'y en a pas de mieux faite que la tradi. Quant au lissage, un aérographe comme Hubert de Lartigues ferait pensaer à de nombreux pro-numériques que c'est réalisé à la tablette alors que pas du tout. Là encore comme pour le retour de Maester avec l'acrylique, il s'agit d'un choix de médium.
Merci pour cette échange.

Lunaba a dit…

une vraie gueule de cinéma :)

Thierry a dit…

Ernesto > Merci beaucoup.

Charles > Ta bienveillance me touche, mon ami, mais on sent tout de même ici les faiblesses et les limites (hélas vite atteintes) du dessin. Objectivement, la ressemblance n'y est pas. Le concours contraint de travailler la tête dans le guidon, car il impose des délais de réalisation très courts et peu compatibles avec l'emploi d'un outil aussi chronophage que le stylo, ce qui ne me convient guère. En même temps, c'est formateur.

Maëster > En effet, il y aurait matière à débattre longtemps sur ce sujet. Comme toi, je ne m'oppose pas aux techniques numériques, mais je reste perplexe en constatant que les facilités réelles qu'elles offrent sont souvent utilisées comme une fin en soi avant même d'être considérées comme un moyen, et souvent au détriment de la notion de dessin (donc de ressemblance, ainsi que tu l'as soulignée). De plus, l'effet de mode, découlant de leur usage immodéré et d'un certain mimétisme avec les maîtres du genre, donne inévitablement lieu à cette uniformisation du langage graphique à laquelle tu fais très justement allusion. Et dans ce genre de concours, ça prend des proportions assez vertigineuses.
Peu d'auteurs parviennent à faire oublier les artifices de la technique tout en parvenant à une ressemblance et un réalisme de grande qualité. J'ai déjà cité Jason Seiler plusieurs fois non seulement parce que c'est un remarquable artiste traditionnel, mais aussi parce que sa recherche du réalisme numérique ne passe pas par des tentatives de reproduction photographique des visages, à l'instar de ce que feraient les peintres hyperréalistes. En cela, Seiler me paraît moins être un peintre issu de l'hyperréalisme que de la peinture classique. En agrandissant ses travaux numériques à l'écran, il est possible de voir les coups de brosse, des hachures, des taches, etc., comme on peut en voir aussi dans les meilleures peintures classiques. Certes, les croquis de ces (rares) artistes numériques ont une force incroyable, mais il ne faut pas toujours mésestimer la qualité de leurs peintures, à la fois vives et denses, à laquelle les images d'aperçu, en basse définition sur nos écrans, ne rendent pas vraiment justice.

Guillaume > Je suis d'accord avec toi, ton commentaire prolongeant celui de Maëster. Pour avoir aussi constaté que la recherche de l'effet pour l'effet tendait de plus en plus à prendre le pas sur le dessin lui-même (structure du visage, proportions, lignes de tension, etc.), j'observe ce phénomène numérique avec distance et autant de circonspection que possible.
Cela dit, je ne doute pas qu'un dessin réalisé suivant les techniques traditionnelles puisse un jour emporter ce genre de concours. Ce sera probablement difficile en raison des handicaps dont j'ai déjà parlé... et en souhaitant tout de même que la vague numérique ne nous ait pas engloutis avant ça.
En outre, en voyant ta dernière version de Tommy Lee Jones, j'ai compris qu'au-delà de la ressemblance à reprendre dans mon dessin, j'étais passé à côté de plusieurs choses dont, notamment, la mise en scène (cadrage, dramaturgie), et l'expression du personnage comme s'il allait s'animer. Mon dessin est trop raide, trop figé.

Lunaba > Plus qu'une gueule : un véritable paysage.