mercredi 14 avril 2010

Jack London

Jack LondonAprès que Marie l'eût embrassé sauvagement une dernière fois (la pelle de Laforêt), le vagabond des étoiles tailla la route. Il trimballait partout le talent de faire et de voir loin, mais son chemin s'avéra aussi court que sa vie fut, par la force d'efforts gigantesques, dense (avec les loups).

Jack London - Stylo bille sur papier, couleurs numériques
Jack London - Ballpoint pen on paper, digital colors

14 commentaires:

Guillaume Néel a dit…

Magnifique !
Un bel écrivain que tu Croques (Blanc).
Es-tu un aventurier-croqueur comme il fut un aventurier-écrivain ?

Toujours est-il que je suis marqué par l'intensité et la brillance du regard que tu octroies à certains de tes sujets. Je suis aussi impressionné par cet effet que tu gères si bien sur les cheveux ou la texture de la veste.

Denis a dit…

Superbe une fois de plus... et cette transparence dans les yeux, c'est impressionnant.

FreZ a dit…

Marie marrie aurait roulé une galoche à London ? Allons donc...
Je n'aurais pas dit non à la pelle de Laforêt. J'étais amoureux d'elle étant petit :-)
Il est très beau, comme d'hab. Ainsi, il me fait penser à plusieurs acteurs : un mélange de Charlton Heston et d'un autre dont je ne retrouve pas le nom.

Maëster a dit…

Si Lon dont je fis le portrait joua à Jack, Jack lui aussi Chaney joua au London ; vie d'errance et de voyages qui forgea le mythe et son inspiration, pourtant ce mythe errant fut, lui, un vrai socialiste.

Tu instilles tant de vie et de sentiments dans les regards de tes "victimes" que l'on s'imagine sans peine dialoguer avec tes portraits. Pourtant, je ne suis pas convaincu par l'ajout de ces fonds numériques. Tu n'as pas à craindre les fonds perdus comme un accroc blanc et n'as nul besoin de ces artifices. Tu ne manques ni de talent ni d'entraînement pour te passer de ces expédients...

Abandonne ton art teint et daigne mépriser l'appel de l'aphorie.

BODARD a dit…

J'aime beaucoup la remarque de Maëster sur tes fonds, en tout cas ça vaut le coup d'essayer (enfin d'enlever) "pour voir".

A propos de Jack : les yeux, oui, mais aussi le nez, la bouche, les cheveux, la veste... bref tu as fait le tour de London, et pas en touriste.

Larkéo a dit…

l'oeil rond, la bouche gourmande et le menton volontaire, Jack a mis son costume du dimanche, c'est rasé de près et a mis une touche discrète d'eau de Cologne car il pose pour Thierry et ce n'est pas rien. Fier d'être son modèle, Jack est content. Il a raison Jack, le résultat en valait la peine.

Guillaume Néel a dit…

Je regardais à nouveau ce travail, et outre ta façon de gérer les volumes par un tramage plus ou moins serré, ou plus ou moins appuyé, sans contour au trait, et bien qu'anticipant(peut-être) ta réponse que c'est du aux bons contrastes de ces vieilles photos en N&B, ta restitution précise et fidèles du niveaux des ombres et des lumières est réellement impressionnante et instructive.
Merci.

theb a dit…

Je commence sérieusement à manquer de superlatifs pour qualifier ton travail. Il se bonifie à chaque visage griffonné avec cette justesse qui te caractérise.

Thierry a dit…

Guillaume > A propos de ton premeir commentaire, l'intensité et la brillance du regard sont celles des modèles eux-mêmes. Je ne m'applique qu'à les restituer au mieux.
Ton deuxième commentaire est une bonne remarque au sujet des vieilles photographies dont je m'inspire. Outre le talent du photographe, le procédé technologique d'alors présentait certains avantages (il s'agissait souvent de plaques de verre plus grandes que les négatifs sur pellicule qui ont suivi, d'où un piqué d'image particulièrement intéressant). Pour les plus anciennes d'entre elles, la lumière sur les visages était généralement naturelle et adoucie par des velums, les photographes composant encore souvent leurs clichés comme des peintres, de façon académique.
Trouver une bonne photographie n'est pas chose aussi facile qu'on pourrait le croire, mais quand elle est enfin là, j'essaie alors, en effet, de restituer ce qui en fait son charme ou que je considère comme tel. Cela dit, objectivement, ça ne sert en rien à l'idée même qu'on se fait d'une caricature.

Denis > La transparence des yeux est un effet des plus simples à obtenir. Si, si, je t'assure.

FreZ > Je n'aurais pas immédiatement pensé à Charlton Heston (lequel a d'ailleurs interprété le rôle de John Thornton dans une adaptation cinématographique de L'Appel de la forêt, en 1972), mais plutôt à un mélange d'un peu de David McCallum jeune et de Robert Kennedy.

Maëster > Outre, en effet, qu'il fut un vrai socialiste, John Griffith Chaney, alias Jack London, est également une référence pour des journalistes d'investigation (dont Florence Aubenas, entre autres) qui ne se contentent pas que de leur carte de presse et disserter un peu autour des dépêches de l'AFP pour parler du monde tel qu'il est.
Par ailleurs, tu as sans doute raison à propos des fonds colorés. Je te promets d'essayer. Merci beaucoup, docteur.

Bodard > Héhé ! Le tour de London ? Allons donc ! Il ne faut pas y chercher d'autre prétention que d'être entré par ce regard dans une photo, soit dans 1/400ème de seconde (environ) de la vie de l'illustre bonhomme. Le seul tour qui vaille fut donc de passe-passe.
Ton adhésion à la remarque de Maëster se fonde certainement, elle aussi, sur un sentiment qui n'a pas échappé à ton regard d'auteur. J'en tiendrai compte prochainement. Par conséquent, merci (aussi) docteur.

Larkéo > S'il n'est pas, Jack, langue de bois, il n'a pourtant rien dit au terme de la séance. Se peut-il que je connaisse un jour son avis ? Je croise alors les doigts pour qu'il ne se résume pas à un poing sur l'aîné (lui ayant quarante ans pour toujours, et ton serviteur un peu plus désormais).
Le plus drôle, c'est que cette caricature avait pourtant fort mal commencé. Eau de Cologne ou pas, c'est bien moi qui risquais de ne pas être au rendez-vous. Mes modèles sont assez patients dans l'ensemble, fort heureusement.

Theb > Merci beaucoup.

Francky a dit…

Quel regard ! la transparence est superbe mais c'est surtout l'expression qui me laisse ... pfffiuu.
Pas très constructif comme commentaires mais London pas de remarques quand il n'y a rien à dire.

Grand a dit…

Tout est dit alors, j'admire tout simplement...et me délecte.
Merci de nous offrir tant Thierry, c'est que du bonheur.

Clair de Plume a dit…

Florence Aubenas, qui vient de publier Le Quai de Ouistreham, mais aussi Jean-Luc Porquet du Canard Enchaîné, qui en 1988 avait écrit la Débine, ont en effet utilisé le même procédé que Jack London : s'immerger dans la vie et le quotidien des plus déshérités. Et quand on compare leurs témoignages au Peuple de l'Abîme, on reste frappé par la grande similitude des situations décrites.

Thierry a dit…

Francky, Grand > Merci beaucoup, les amis.

Clair de Plume > Florence Aubenas a justement évoqué Jack London, la semaine dernière, dans une émission de radio où elle était invitée avec le journaliste allemand Günter Wallraff (Tête de Turc, entre autres).

Poussinaute a dit…

J'arrive après la tempête d'éloges !
Je profite de l'éclaircie pour te dire, une fois encore, que j'AIME ta manière d'être et de dessiner. De plus, je suis très sensible à la finesse de ta plume pour l'écriture.
Donc, bravo pour le plaisir que j'ai à venir sur ton blog.
(je t'ai mis dans mes liens préférés depuis un bon moment et cette semaine j'ai posté Tolstoï que j'ai "pris" sur Viméo, c'est ma manière à moi de montrer ô combien j'apprécie ton travail).
Voilà c'est fini... pour aujourd'hui !